Juillet 2004...suite -
Rien à voir avec le navet du même nom. Nous revoilà reparti pour une journée chaude et ensoleillée au-dessus de la Normandie. L'après-midi pointe son nez. Me revoilà à l'aéroclub. Il y a un peu d'agitation aujourd'hui. Un hélico civil noir s'apprête à partir, bizarrement les passagers sont des journalistes. aucun de nous ne percute, peut etre une grande chaine fait-elle un reportage sur la Normandie, son bocage, son site..ou les plages du Débarquement! C'est le cinquantenaire!
Nous préparons le Jodel, revoyons tout, et on s'aventure de nouveau piste 31 herbe pour des tours de piste. Cela peut paraitre banal et rébarbatif mais piloter c'est comme jouer d'un instrument, il y a des gammes! Nous évoluons au dessus de la plateforme et comprenont pourquoi l'hélicoptère de tout à l'heure. C'est le prologue de la Solitaire du Figaro à Ouistréam. On contacte Caen tour et on met cap au large, direction la côté. On est stable à 3000 pieds QNH, on regarde Douvres-la-Délivrande au dessous, on plaisante, mais pas longtemps...le moteur passe soudainement au ralenti! Oops! On se regarde, on mate le tableau de bord: où est LE problème? Quelques fractions de secondes plus tard, on remet les gaz, le bras du pilote avait abaissé la manette des gaz par inadvertance, OUF!
On poursuit sur la côte, ça y est "on n'a plus pieds", les bateaux sont tout proches. On décide de ne pas aller trop près pour ne pas prendre de risque, il y a un hélico dans le coin. Virage à droite, cap sur Franceville, le port de Ouistréam est pile à la verticale, les bateaux de plaisance trop nombreux pour qu'on les compte, ils font la fête aux bateaux de course. On reprend la carte d'arrivée à vue, on vire encore à droite, on contacte la tour et on poursuit. C'est un samedi, les gens partent en vacances, le périph' est saturé, il vaut mieux éviter d'aller sur Rouen ou Paris en voiture, c'est cuit. Tiens, nous aussi nous sommes cuits. On dégouline tellement il fait chaud, toujours le même soleil, le même cockpit en plexi...et le même bob vissé sur la tête. J'ai fini le tube d'écran total!
On se présente en longue finale sur la 31 droite, la tour vient d'être contactée par un avion en provenance de Jersey. L'anglais aéro ne me pose aucun soucis mais mon ami pilote est mal à l'aise avec la langue de Shakespeare. Il me demande si je comprends, je dis oui.. normal pour quelqu'un qui a enseigné l'anglais aéro dans l'armée de l'air! Le pilote Anglais arrive vite, trèèèèèèès vite, un peu trop à mon gout. Mon pilote est concentré sur sa longue finale, moi je ne quitte plus l'anglais de vue. Visiblement un Mooney Bravo, le gars arrive à fond, pas un cran de volet, pas de train de sorti, mais plein pot en vent arrière, la tour l'autorise pour la 31 gauche (en dur), il passe en étape de base, sort un cran de volet, le train descend, la lumière est là, sa vitesse aussi. Je dis à mon ami qu'à la vitesse à laquelle va le gars; il sera sur le parking avant nous!
On est à quelques pieds au dessus du sol; l'autre avion touche en même temps que nous, ses spoilers sortent, notre coucou semble d'un autre temps à côté mais c'est ça qui fait le charme de l'aviation. On se paye "le grand tour" pour rejoindre l'aéroclub, les sorties sont mal étudiées sur la piste en herbe, le Mooney noir anglais est déjà au parking et les passagers sortent les bagages. Nous on s'arrête à la pompe histoire de ravitailler notre Jodel. Encore un peu de patience et ce sera notre tour au bar!
Moi de Juillet en Normandie-